“C’est incontournable…
Le nom Subaru évoque tout un tas d’images d’Épinal à base de Collin Mc Rae, de jantes dorées, de carrosseries bleues métallisées et de stickers 555”

 

 

Certes, l’appartenance au groupe des propriétaires de ces Subaru vous apportera plus d’orgueil dans le Café PMU de la “Chèvre Embrochée” à Cabris plutôt que sur la terrasse des “Vieux Murs” d’Antibes. Pourtant, l’histoire de la marque Japonaise est jalonnée de choix technologiques innovants, d’automobiles rares et exceptionnelles.  En 1993, trop jeunes pour pouvoir poser votre séant dans autre chose qu’un Kart à pédales, vous aviez croisé une Subaru SVX. Vous assouvissiez alors votre passion automobile par la lecture du pavé annuel de l’automobile magazine, péremptoirement nommé “Toutes les voitures du monde”. Vous replongeant dans les pages de votre magazine fétiche, vous avez conservé de la curiosité pour la fiche technique de cette auto, vous promettant un jour de faire vrombir cet étonnant coupé.

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Subaru et les coupés

 

 

Dans les années 80, Subaru en pleine conquête du monde produit un coupé plus exclusif que ses modèles précédents, dérivés de berlines.  La Subaru XT (Alcyone est l’appellation réservée au marché japonnais et à un bateau) est un coupé Wedge qui n’a malheureusement jamais été importé en France. La ligne très aérodynamique s’accompagne d’un intérieur au design futuriste qui vous permet de revivre tous les grands moments de Top Gun avec ses commandes regroupées autour du volant, son levier de vitesses en forme de palonnier et le compteur digital façon jeu 8bits des versions haut de gamme.

 

 

Équipée à l’origine du 4 cylindres EA82 de 1,8 litres atmosphérique (82ch) ou turbocompressé (112ch), elle était disponible en traction ou en 4 roues motrices debrayables, avec une boite 5 et overdrive ou 4 automatique, voire, d’une suspension pneumatique à assiette variable. L’Alcyone première du nom connaîtra un succès modeste avec seulement 7800 exemplaires commercialisés. En fin de carrière, Subaru dotera même la XT de chevaux supplémentaires avec le premier 6 cylindres à plat de la marque. Mais déjà, sa remplaçante plus au gout du jour pointe son nez.

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Présentée en 1989, la SVX est le fruit du travail de Gioretto Giugiaro himself, aboutissement industriel d’une longue série de prototypes qui reprennent le même langage esthétique, dont la plus caractéristique est l’Oldsmobile Inca de 1986. Du prototype SVX de 1989  seuls les phares rétractables en disrgâce aux USA ne seront pas retenus pour la production, mais pour le reste, à quelques détails près, c’est cette étude que nous retrouverons sur la route en 1992.
Subaru la proposera uniquement avec un 3,3 litres dérivé du 4 cylindres de l’impreza: 
Tout alliage, double arbre à cames en tête, 24 soupapes, il produit 231 chevaux à 5400 trs et 330 nm de couple à 4400 trs. C’est alors le plus gros moteur jamais développé par Subaru.  La marque ne disposant pas d’une boite manuelle capable d’encaisser avec fiabilité la puissance du 3,3L et destinant principalement la SVX au marché Américain, l’auto ne sera proposée qu’avec une boite automatique à 4 vitesses. Deux répartitions de puissance existeront: Une version américaine envoyant en temps normal 90% du couple sur l’avant puis jusqu’à 50/50 en cas de perte de motricité et une hors USA calibrée pour transmettre 67% de la puissance aux roues arrières. Contrairement à la XT qu’elle remplace, la SVX utilisera une suspension classique à bras tirés et ressorts hélicoïdaux.

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Souvenir de Gran Turismo 2

 

 

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Avoir pour la première fois devant soi une auto avec laquelle on a parcouru plusieurs milliers de kilomètres en jeu vidéo est quelque chose de déroutant. La SVX est beaucoup plus grosse que ce que l’on aurait pensé. Les lignes tendues aplatissent cette silhouette mais garée à coté d’une autre voiture, la Subaru est longue, large et basse. Les volumes sont équilibrés avec un long capot, un habitacle rejeté vers l’arrière et un petit coffre qui finit la ligne de ce grand coupé. Si la l’esthétique est difficile à dater elle continue d’étonner car personne n’a eu le temps de s’en lasser tant il est rare de croiser une SVX en France: Seulement  60 ont été importées, on estime à une trentaine le parc actuel. Ce modèle date de 1993 est présente une fraîcheur étonnante, il n’a parcouru que 40 000 kilomètres en 21 ans. Au fur et à mesure que l’ont tourne autour de la voiture, on s’imprègne du charme de l’ensemble. Bien entendu, la ligne ne regorge pas de détails appétissants mais comparée à ses camarades de Grand Tourisme du début des 90’s, la proposition de Subaru est totalement inattendue: C’est le constructeur de voitures de patron de PMU qui présente la solution la plus élégante.

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Point de direction commandée par neurotransmetteur

 

Connaissant le passif de Subaru et des intérieurs de coupé, on s’attend à conduire la SVX avec un stick directement branché sur le menton, mais les longues portes ouvrent sur un habitacle bien sage. Quartes sièges accueillent les passagers dans un espace mêlant cuir épais, alcantara et plastiques moussés, le tout bien éclairé par les grandes ouvertures de la canopée vitrée qui vous entoure. Le mobilier a eu le bon goût de ne point trop abuser des libertés esthétiques permises par l’utilisation du plastique. Les lignes sont droites, simples et indémodables. Les seules notes de fantaisie sont la commande de climatisation, une espèce de bulle en plastique fumé à droite du volant et le monolithe biface qui sert de console centrale dont la forme indescriptible est quelque peu troublante. Je ne vous parlerais pas du plastique façon bois: c’est sale, mais toutes les autos sont ainsi désormais. Avec un peu de mauvaise foi, on pourra toujours le justifier par une volonté d’alléger la voiture à l’instar d’une Facel Vega.

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A noter, Subaru à conçu un système antivol à toute épreuve: sous le volant se trouve un levier qui attire l’oeil dès que l’on s’installe à bord. Intrigué, le malpoli malotru, plus à un sévisse près, va se pencher en avant pour l’attraper et le tirer des deux mains. BAM! Le levier libère le volant qui se relève subitement de 5cm tout en lui reculant le nez de 20. Brillant. 

Une fois soigné à vie de votre curiosité maladive, vous pouvez régler le siège électrique tandis que votre passager vous regarde: lui, il n’en a pas. Évitez de retoucher au volant mais sachez qu’en portant un casque, vous pourriez le régler à la fois en hauteur et en profondeur.

La position de conduite n’est alors pas décevante pour un coupé: jambes allongées, bras à demi pliés, l’ensemble est très confortable même si globalement la place manque. Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’intérieur de ce coupé de 4,6 mètres est plutôt étriqué. Même vos pieds peineront à trouver leurs marques sous le volant.

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Le 6 cylindres n’émet pas un bruit

 

Le suspense à trop duré: depuis maintenant 21 ans, je me demande comment sonne un 6 cylindre à plat Subaru. Et bien… Il sonne peu. S’ébrouant au quart de tour, il n’émet ni vibration ni bruit à l’exception d’un bourdonnement à peine audible. Le temps de chauffer l’huile, on apprécie les petits chemins provençaux sur un filet de gaz. L’auto est encombrante mais elle se montre maniable et facile à guider avec une direction assistée parfaitement calibrée qui ne présente aucun flou ou flottement. La suspension filtre toutes les irrégularités sans pour autant isoler le conducteur de la route.

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Au fur et à mesure que la température monte, mon pieds se fait plus lourd sur la pédale d’accélérateur. Les montées en régime sont de plus en plus sonores. On s’attendait à un son métallique proche d’une Porsche, mais le moteur reste dans un registre assez sourd. Il n’émet pas le feulement d’un V6 ou d’un 6 cylindres en ligne mais plutôt un grondement saccadé qui s’apparente à un V8 européen. La confiance aidant, l’allure se montre de plus en plus soutenue, les accélérations sont douces, jamais décoiffantes, mais la puissance est toujours disponible. La boite monte et descend ses rapports en toute discrétion. La voiture vire à plat et enchaîne les virages sans difficultés. L’adhérence est proprement bluffante, jamais l’auto n’entame une amorce quelconque de glissade, le tout dans un confort feutré exacerbé par ces vitres qui filtrent tous les remous et bruits d’air, ce jusqu’à 200km/h (certifiés…). 

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A l’époque elle a grandement déçu les fans de Colin McRae qui attendaient une giga impreza: La SVX pèse près de 1600 kgs et s’émancipe difficilement de son caractère de grand tourisme. En forçant un peu vous arriverez à l’encanailler mais vous regretterez immédiatement votre geste: poussée au delà de ses limites, la Subaru devient très sous-vireuse. Le manque de répondant de la boite automatique vous exposera alors à une situation compliquée car incapables de reprendre de l’adhérence.

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La Subaru SVX est une formidable machine à rouler

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Le secret de la SVX, c’est sa polyvalence: en dépit de son poids elle propose une tenue de route rassurante, un réserve de puissance toujours disponible, le tout avec le confort et l’élégance d’un gros coupé haut de gamme. Son terrain de jeu le voilà, celui d’une auto utilisable au quotidien, capable de vous emmener acheter des cigarettes du pain aussi bien qu’en vacances au ski ou sur la côte atlantique, sans jamais vous ennuyer en sa compagnie.

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Si vous souhaitez trouver une SVX, le modèle de notre essai est en vente sur notre site.

Subaru SVX, le futur antérieur
Probabilité de rencontrer Giugiaro5
Curiosité8
Performance5
Sportivité4
Mojo2
90's spaceship
  • Confort
  • Tenue de route
  • Canopée vitrée
Useless car
  • Rapport Performance / Consommation
  • Finition plastique
  • Encombrement
4.8Note Finale
Note des lecteurs: (8 Votes)
7.2

Une réponse

  1. JANO

    bonjour,je viens de tomber sur cette page! je cherche un modèle semblable,celle ci est’elle toujours a vendre????? si c’est le cas pourriez vous me mettre en contact avec le proprietaire? merci d’avance.

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