Il était une fois, au pays des cow-boys, 4 types qui, après différentes expériences musicales, décidèrent d’offrir au Monde un voyage sans billet. Mélangeant atmosphères instrumentales et sensations oniriques, bienvenue dans l’univers de ces texans instigateurs du mouvement Post-Rock (à guitares). This Will destroy You

Je me souviens de la “giffle” que j’ai pris ce jour bénit où j’ai découvert cette formation. En quête de nouvelles sensations et surtout en fuite des impositions culturelles et de ce collier métallique que l’industrie de la musique voulait me forcer à porter, j’ai écouté le premier EP de TWDY, seul, sur ma chaise de bureau. Le souffle coupé, la bouche bée, des images plein la tête… je fus totalement détourné de ce pourquoi j’étais venu… Ma conclusion sur l’instant : “Ils portent bien leur nom”. Cela va te détruire, n’y voyez pas un  aspect sombre ou malsain, bien au contraire. En fait, à l’écoute de cette musique, il se passe quelque chose d’inexplicable (si Jacques Pradel présentait encore Mystère, on lui confierait le dossier). La trance est incontrôlable tellement d’émotions se dégagent de l’écoute; et, cerise sur le gâteau, chaque nouveau défilement offre sa nouvelle panoplie de plaisirs et de douleurs.

Si vous découvrez ces artistes ici, et que comme moi, les drogues vous font un peu peur… voici la solution. Je vous propose un fantastique psychotrope sans modération nécessaire. Petit conseil du spécialiste, ne faites pas l’erreur d’écouter tout ça sans un niveau sonore suffisant (gare aux organes quant même), ce serait du gâchis et vos risqueriez de passer à côté d’infimes subtilités jouissives. De plus, le choix des mix est assumé, enchaînant douceur et explosions, montées et tensions.

 

Young Mountain (2006)

Avec cet album, toutes les émotions qui subsistent en nous se laissent aller à la mélancolie. Notre côté écorché jaillit d’une manière immaitrisable. Impossible de ne pas se retrouver aux bord des larmes ou avec un noeud dans la gorge. L’envie de crier, à l’Univers, le génie et la grandeur de ces compositions arrive dès la fin des 36 minutes d’immersion. Mais surtout… “Putain, je suis en vie!”.

 

 

Quiet :

 

 

Un souffle, des accords de piano plaqués… un delay sur une guitare en son clair… Voilà comment se passe la première minute. Ensuite vient l’arrivée d’une batterie sèche sur un rythme lent avec de petits contre-temps magnifiques. C’est à 1 minutes 30 plus tard que le révélation s’impose… et c’est là que le temps s’arrête.

 

 

This World is Our :

 

 

La mise en exergue de chaque instrument est remarquable. Toutes les couleurs sonores sont choisies avec perfection et sublimées par des reverb magistrales. Ces rythmes nets et  profonds sont crayonnés par chaque coup de caisse claire et de cymbales, dosé et puissant.

A 2 minutes 40, la caisse claire trouve son timbre qui permet aux autres instruments d’ouvrir une fenêtre sur ce monde qu’est le leur, plus acerbe… et quelques secondes plus tard, le niveau se hisse grâce à une guitare tendue, quasi monotonale, créant une distortion vicérales qui ne sera relachée que 40 secondes plus tard. A ce moment, vous n’êtes qu’à la moitié du voyage. La suite présente un beat électronique delayé, comme un repos rythmique avant une escapade chimérique qui s’évapore dans un balai de mélodie et de mouvements syncopés.

 

 

I believe in Your Victory :

 

 

Deux guitares s’entremélant comme un coït voluptueux sont l’entrée en matière de ce titre qui ne recule pas devant l’idée de faire partie d’un tout dont personne ne peut rester insensible. Ici, pas de déferlante sonore mais juste un contrôle divin des émotions retranscrites par la musique… de très belles mélodies, des fréquences choisies qui laissent la place à chacun et où chaque instrument est parfaitement identifiable. L’instant transitionnel du morceau m’a, la toute première fois, complètement désorienté… Est-ce une fin? Est-ce un bug? Est-ce du génie? La batterie est tout bonnement remarquable et les notes distillées par un e-bow (archet électronique) dressent toute pilosité rattachée au corps qui écoute cet instant.

 

 

Grandfather clock :

 

 

2 minutes 37 d’un autre univers. Beat électronique, clavier synthétique, abscence de delay et une énorme reverb sur la basse attachant chaque note les unes avec les autres. Le saisissement n’est pas immédiat et une fois la coulée achevée, l’intention de transition est digérée.

 

 

Happiness: We’re In This Together

 

 

Attachez votre ceinture, le voyage durera un peu plus de 8 minutes 30, la température à l’extérieur est de… on s’en fout, à notre arrivée, le temps sera… on s’en fout. L’immersion est totale, chaleureuse et profonde, l’ambiance s’étale sur de longues minutes, ces minutes si précieuses à notre bien-être, celles que l’on ne cherche pas à rentabiliser. Le temps se prend et le son se caresse comme une herbe grasse et sauvage. Soyez en assurés, il ne vous arrivera rien et si c’est l’instant que la Terre à choisi pour s’arrêter de tourner, aucun regret à avoir, vous êtes là où il faut, entre délicatesse et bien-être. Ca monte? Vous sentez? Le vide s’installe et le volume de votre boîte cranienne s’emplit de cette aubade jusque là méconnue. Allez… pleurez c’est naturel.

 

 

There Are Some Remedies Worse Than The Disease :

 

 

Les amateurs du genre Post-Rock trouveront en ce titre le ressenti tant recherché. En effet, le son devient matière mais cette matière est incertaine. Le morceau se construit piste par piste comme pour honorer chaque caractère composant. Puis viens ce moment, environ 1 minutes 30 après le début où le violoncelle s’immisse dans le corps du morceau tel le prophète d’un présage critique… Que va-t-il se passer? C’est une tornade que l’on observe de loin… qui se rapproche… mais il est trop tard pour quitter les lieux…

 

 

Voilà le plus mauvais moment de Young Mountain… la fin.

 

Que s’est-il passé?

Comment ai-je pu vivre sans ça?

Comment vais-je vivre avec ça maintenant?

 

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3 Réponses

  1. PJ

    Et tout ce que j’ai envie de répondre à a c’est… bon Dieu mais c’est Alexandre Baloud qui présentait Mystères, pas Jacques Pradel! Non mais ça va pas non?!! Et les héros de notre enfance alors!!!

    Mais j’écouterai quand même.

    Répondre

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