Post Rock, les origines du bien

Le Post Rock (écrivez le comme vous le sentez, en un ou deux mots, avec ou sans trait d’union), est un courant musical qui s’appuie sur le Rock avec une certaine tendance expérimentale. On y mélange des rythmes, des harmonies, des ambiances calmes et tendues… tout ceci dans un univers principalement instrumental.

Les compositions Post Rock profitent souvent de la répétition de thèmes musicaux et de changements subtils très appuyés sur la dynamique. Très souvent, les morceaux de Post-Rock sont assez longs et instrumentaux, en contenant des accumulations répétitives de timbres, dynamiques et textures. Les chants sont souvent omis; cependant, cela ne signifie pas nécessairement qu’ils sont totalement absents. Quand les chants sont inclus, l’utilisation est très atypique (du point de vue des néophytes) : certains groupes de Post-Rock emploient des chants comme des efforts purement instrumentaux et accessoires au son, plutôt qu’une utilisation traditionnelle ou “propre”, Facilement interprétable, les chants sont importants pour le sens poétique et lyrique. Sigur Rós (génies au pull-over immondes selon moi), une bande connue pour leurs chants distinctifs, a inventé une langue que les critiques appellent le “Hoppelandais”(“Vonlenska” en islandais, un terme même utilisé par Sigur Ros), qui a été décrite, par eux même, comme “une forme de chants baragouiné qui va à la musique et agit comme un autre instrument.”

Ici, les  structures de Rock typiques (intro, couplet, refrain, couplet, refrain, pont, refrain, outro) n’ont pas leur place. Les groupes de Post-Rock tirent généralement le plus grand parti des ambiances; c’est là qu’est la Magie. Si vous comptez vous intéresser à ce courant,  attendez vous à une progression sporadique, avec son champ de son, où les échantillons sont tendus et noués.

Les origines du Post-Rock ne remontent pas à longtemps avant Jésus Christ (voilà j’ai placé ma vanne de “La Cité de la Peur”) mais elles se trouvent dans différentes musiques. Ainsi, la musique minimaliste (ce qui créera des liens avec l’art plastique minimaliste ou le septième art) est un des éléments fondateurs pour le côté de la mise en ambiance. La musique classique a, quant à elle, donné la liberté de structure, même si elle est de très loin son aînée. Le Rock indépendant et alternatif, des 80’s et surtout des 90’s, influencera largement une certaine idéologie (artistique) par ses “anti-codes”. Adieu strass et pas de danse, au revoir vestes en cuir et Santiags… l’arrogance de la pop star individuelle est remplacée par une volonté collective de traduire une émotion en se moquant du “qu’en dira-t-on”. Dès lors, toutes les digressions ont été permises. De plus, des groupes comme Tortoise, Stereolab, Laïka ou Cul de sac sont souvent associés à la naissance du genre.

Récemment, l’expérimentation et de nouveaux genres se sont installés dans la scène de Post-Rock. Certains groupes comme Cult of Luna ou Pelican ont introduit le Métal créant une sorte de fusion entre des envolés instrumentales et des violences lourdes et sales. Le résultat a été, de façon barbare et simpliste, appelé le Post-Métal. Plus récemment, le Sludge-Métal a grandi et a évolué pour s’approprier quelques éléments de Post-Rock. Cette deuxième vague de Sludge-Métal a été mise au point par les groupes tels que le Giant Squid et Battle of Mice. Ce nouveau son est très largement diffusé par le label Neurot. Parallèlement, des groupes tels que Lantlôs et Agalloch se fondent entre le Post-Rock et le Black-Métal , en incorporant des éléments du premier mais en utilisant essentiellement le second.

D’autres artistes intéressés par le mouvement se sont essayés à l’expérimentation en fusionnant les genres. Ainsi, l’Electro commence a trouvé sa place, c’est, notamment, le cas d’Aube L, de Xinlisupreme ou de Santigold (dans des genres biens différents). J’y vois un double intérêt : en premier lieu, la mouvance créative et sensorielle induite par le mélange des genres traduit une recherche infinie de “nouveau” (son, expérience, état, format, ambiance…) mais, à mon sens, ce n’est pas tout. Cette fusion des genres libère l’artiste de certaines contraintes d’ordre technique. Les outils modernes permettent de palier à un manque. On a pas tous, sous la main, un orchestre de violon ou une scie musicale, que sais-je? Un thème (musical) qui tient à coeur à l’artiste peut, alors, être intégré par le biais d’un sample; un batteur peut être remplacé, un son de vie (comme le bruit de circulation ou des rires d’enfants) peut trouver sa place aisément.

Vous l’aurez compris, les couleurs sonores sont très variés. Les quelques exemples qui suivent sont un florilège non exhaustif de différentes atmosphères proposées par le sujet. Tachez de trouver votre bonheur ici bas, croyez moi, il y en a pour tout le monde!

12twelve – Intonarumori (Jazz, free jazz)

Amiina – Boga (Néo Classique, Ambient)

Balmorhea – Night In The Draw (Acoustique)

Caspian – Moksha (Post Metal)

City Of Caterpillar – A Little Change Could Go A Long Ways (Post Hardcore)

Dirty Three – Last Horse on the Sand live 1998 (Instrumental, Expérimental)

Explosions in The Sky-Postcard From 1952 (Rock triste et triomphant)

For A Minor Reflection – Ókyrrð (Cinématique)

Godspeed You! Black EmperorSleep (Dark Ambiant, Sad Rock)

Isis – So Did We (Metal Progressif)

Junius – Forcing Out the Silence (Indie)

Labradford – V (Drone Rock)

Mogwai – Cody (Post-Folk)

Nedry – Violaceae (Electronique, Trip Hop)

One Act Play – Irreversible (Indie, Rock Alternatif)

Irreversible

Picastro – Hortur (Sleep Rock, Indie Folk)

Rumour Cubes – Rain On Titan (Cinematique, Atmosphérique)

Sigur Ros-Popplagið (Classique, Minimaliste, Noisy)

This Will Destroy You – Threads (Aérien, Atmosphérique, Trip)

Valley Of The Giants – Westworld (Dream Pop)

World’s end girlfriend – 100 Years of Choke (Classique & Electronique)

Xinlisupreme – All You Need Is Love Was Not True (Expérimentale, Noisy, Electronique)

Yndi Halda – We Flood Empty Lakes (Classique Moderne)

 

Ma track list est très longue et elle s’enrichit souvent. J’envie tellement ceux qui n’ont pas encore découvert ou qui commencent à peine, il y a encore tant de choses magnifiques à découvrir comme Sigur Ros, This Will Destroy You (le groupe qui porte le mieux son nom), Mono (l’autre secousse du Japon)…
Je vous préviens si ça ne vous est pas déjà arrivé : se plonger dans cet univers vous expose à deux états. Le premier, vous allez passer par une période de quelques mois déroutante durant laquelle la mélancolie se greffera dans votre âme mais ensuite, vous verrez on vit très bien avec. Le second, le plaisir de croiser des gens qui vous comprendront (nouvelle classe socio-culturel) et qui partageront vos avis, peut être même en conaissez vous déjà et vous l’ignorez (ce fut mon cas). A ces moments là, vous vous émanciperez et cela vous permettra d’affirmer vos goûts.

Le seul défaut du Post-Rock est le nom… ce n’est pas l’après Rock!

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