Chez bizzarrini 

bizzarrini edition

Les goûts et les couleurs mon cher môssieur…

Prenez cette montre, la Scalfaro GTO 1962 Bizzarrini. Elle est vendue dans les 7000€. Parmi ses nombreuses spécificités, chaque montre de la série comporte des pièces issues la GTO personnelle de Nick Masson.

Cette montre a été dessinée par le concepteur même de cette mythique et onéreuse Ferrari, l’ingénieur GIOTTO BIZZARRINI.

Bon, il faut remettre les pendules à l’heure: Giotto n’est pas un designer. Par contre, c’est un ingénieur de talent et le père d’un des plus beaux OVNIs italien: la BIZZARRINI 5300GT…

Tout débute quand, son diplôme en poche, il intègre chez Alfa Romeo en 1954 ou il collabore sur la Guilietta. Trois ans plus tard, il rejoint Ferrari, qui est alors une petite écurie, il va travailler sur la Testa Rossa 3 litres, la 500 Mondial 2 litres puis les Ferrari 250 GT SWB, 250 Spider California, sur la petite Ferrarina (qui deviendra ASA 1000 GT, une autre histoire à raconter…) ou encore la Ferrari 250 GT Breadvan. Son histoire tumultueuse le mènera à collaborer avec Lamborghini dans l’élaboration du V12 de la 350GTV et, enfin, à rencontrer Renzo Rivolta.

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Renzo a fait fortune dans l’usinage industriel, fabriquant des frigos, des motos et une petite auto populaire, l’Isetta, qui n’est autre qu’un mélange des deux premiers produits sus-cités.

A l’instar d’Enzo et de Ferrucccio, Renzo est passionné d’automobiles et entretien le rêve original de construire sa propre marque de prestige. Aidé de Bizzarrini, qui entretient les mêmes rèves, la jeune marque ISO RIVOLTA va présenter en 1963 ses deux premières GT:

Iso Grifo A3/L

Dessinée par Bertone, elle réunit l’élégance d’une ligne italienne et la puissance des V8 américains. Ce moteur, plus fiable, en fait une grosse GT luxueuse qui sera l’inspiratrice de la Jensen Interceptor.

Iso Grifo A3/C

Elle aussi dessinée chez Bertone par Giorgetto Giugiaro, est une sorte de version compétition à empattement raccourci et au moteur très reculé de l’A3/L, faisant d’elle une voiture à moteur central avant. Le châssis est inspiré des Ferrari de l’époque, combinant une cellule monocoque et un treillis tubulaire. La carrosserie est rivetée sur son cadre et l’ensemble pèse seulement 1200 kgs. Le V8 qui la propulse se base sur le même Chevrolet 5,3 Litres que l’A3/L. Giotto l’a cependant poussé à 400 chevaux pour la version course et 365 pour la route.

Les voitures sont assemblées chez Bizzarrini, qui vient juste de créer sa société, tandis que les carrosseries sont produites chez Drogo. Fier de son bébé, Giotto veut l’emmener en course d’endurance se frotter aux autres GT. Mais Renzo Rivolta n’y tiens pas! Les différents commencent…

 

Ils prendront fin en 1965, lorsque Renzo Rivolta décède. Si la marque continue à vivre sans lui jusqu’en 1974, en se concentrant sur le marché des GT routières de luxe, Giotto va en profiter pour récupérer SA voiture, l’A3/C.

Il continue à en assurer la production et lui fait porter sa marque: BIZZARRINI.

Entre la nouvelle Bizzarrini 5300GT et les ISO A3/C seuls quelques détails diffèrent, résultant principalement du changement de carrossier, qui n’est plus Drogo mais chez BBM. Ce dernier a simplement  modifié les feux AR, les poignées de porte et les veilleuses AV.

Deux versions cohabiteront: un version route et une version course, équipée d’une boite et d’une rapport de pont plus court, allégé et dépourvue de ceintures…

L’auto est monstrueuse, sa ligne ramassée et sa cellule au centre du châssis empêchent de deviner ou se trouve le moteur. Elle atteint les 300 km/h tout en restant extrêmement stable.

A l’intérieur, le moteur est tellement reculé que l’on accède à l’allumeur par une trappe dans le tableau de bord! Le pédalier arrive au niveau du milieu du moteur. L’habitacle n’est pas isolé, ni contre le bruit, ni contre la chaleur et pour parfaire le tableau, l’auto à peu de ventilation. Assis à bord, on se dit qu’il fallait vraiment beaucoup d’endurance pour mener une telle machine sur un circuit et tenir toute une course.

Mais si vous aviez ces qualités à l’époque, entre un sauna gratuit et le bruit dément du V8, plus rien ne pouvait vous poser problème: son châssis parfait, son V8 solide et puissant mettaient la 5300 GT à l’abri de toutes ses concurrentes.

La production cessera en 1969. La fin de la 5300GT marquera aussi la fin de la marque Bizzarrini, laissant Giotto retourner au service d’autres constructeurs. 133 exemplaires seront produits dont 22 Iso A3/C. La plupart sont des versions course. Aujourd’hui, non seulement les 5300 GT sont rares  mais il faudra débourses dans les 400 000€ pour briller  en endurance historique. Et je ne vous parle pas des deux uniques version Spyder…

 

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