Petit fils de forgeron, fils de carrossier, le jeune Christian Champin ne s’épanouit pas sur les bans électroniques du garage ou il travaille. Très tôt, il va parcourir le monde, un sac à dos en guise de maison.

De ces voyages, il en reviendra dégoutté par l’omniprésence de l’homme et de ses déchets.

Pour lui, l’homme n’est plus qu’un rouage dans la société du prêt à jeter…

Ses œuvres vont alors tout naturellement réutiliser ces déchets pour nous rappeler notre inutilité…

Nous l’avons ainsi rencontré au milieu de ses 80 tonnes de ferraille, issues de la récupération. Tout y est classé, trié, ordonné, par forme et par couleur.

Tiens, ça c’est un réservoir de MZ, il reste du chrome piqué dessus, avec ce vieux Dell’orto, on dirait vraiment un bouledogue!

Dans ses travaux, il s’efforce toujours de conserver la patine et le vécu de l’objet. Ses soudures sont minimalistes, ses assemblages recherchés. Contrairement à de nombreux autres sculpteurs, l’objet originel reste au centre de l’oeuvre.

C’est ce qui passionne dans son travail: Les formes sont fluides, cohérentes. Tout y est: l’attitude, l’expression. Pourtant, en regardant de plus près ses animaux steampunk, on s’amuse à reconnaître un carter de tondeuse à gazon, une sphère de DS, un carbu d’alfa romeo…

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Les photos que vous pouvez voir proviennent de sa dernière exposition:

“Les Energivores

Il n’y a encore pas si longtemps, la vie était belle, simple et gratuite pour ces animaux sauvages et autonomes.

Que la vie était belle avant que l’industrie et la croissance s’intéressent à eux.

En effet, créer un besoin, c’est conquérir de nouveaux marchés. Fabriquer des consommateurs, c’est leur diffuser des consommables et des carburants. L’idée de rendre dépendant le monde animal en modifiant sa constitution est alors née…

On les appelle: les énergivores, mi-animal, mi-machine… des hybrides, … mais surtout des consommateurs.

L’expérience fût d’abord menée sur Beunio le rhino : V8 bi-turbo, 450 chevaux, autonomie 1000 km, transmission thermodynamique à coefficient atmosphérique, assistance photo-voltaïque et correcteur de trajectoire sur latérite équatoriale.
Les résultats sont édifiants, les performances de l’animal restent les mêmes mais le bestiau est maintenant dépendant.

Dépendant du carburant, des pièces de rechange, des assistances de dépannage, des prolongations de garanties, des abonnements satellites et des codes d’accès aux paraboles d’itinéraires…

Suivent, Hassan, le chameau bétonnière, à propulsion sismo-nucléaire, broyeur de céréales intégré, avec récupération d’évapotranspiration.

Rillette, la cochonne de reproduction, poitrine siliconée et son vagin climatisé, le crabe catalytique et la grenouille à décollage verticale, la dorade de jardinage et la fourmi motoculteur…

Evidemment, l’expérience s’arrête aux animaux, il n’est en aucun cas envisageable d’adapter cette métamorphose sur l’espèce humain…

Bienvenue dans un monde marchand…”

Son atelier est basé à Painboeuf dans le 44, vous pouvez aussi admirer son travail à la Galerie d’Art Grimaud en exposition permanente. Enfin, n’hésitez pas à vous rendre sur son site web: Christian Champin

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