L’anthropocène, ce n’est ni une nouvelle tendance culinaire, ni une marque automobile mort-née. On se rapproche du but en pensant à l’œuvre d’un certain Jason DeCaires Taylor: une volkswagen en béton immergée dans l’océan afin de créer un récif artificiel, hébergeant la vie naturelle dans un objet d’allure humaine.

Bien que la périodisation soit une discipline plutôt contestée, l’anthropocène est en fait ce qui succède à l’Holocène. Son commencement remonte à 1784, quand James Watt a breveté la machine à vapeur. Ce terme a été créé par le prix Nobel de chimie “Paul Crutzen”. C’est la fin du monde dans lequel nous avons vécu ces 12 000 dernières années, La “Géological Society of London” vient de valider la véracité de ce mot par une succession rébarbative mais implacable de tests qu’elle a fait subir à notre enveloppe terrestre.

Ce vieux débat trouve donc sa fin : oui, géologiquement, on doit désormais considérer que la terre connaît une nouvelle ère, dont le développement est principalement le fait de l’activité humaine.

Comme argument sont invoquées de solides preuves que l’intervalle interglaciaire dont le climat extrêmement stable a permis la naissance et l’évolution de notre civilisation est désormais remplacée par une intervalle sans précédent géologique, conséquence de l’altération de l’atmosphère de la Terre par les émissions de gaz à effet de serre, par l’altération de l’hydrosphère : les eaux de la planète deviennent plus acides en raison du gaz carbonique et voient leur niveau augmenter du fait de la fonte des glaciers, par l’altération de la lithosphère, l’enveloppe rigide de la planète, par l’érosion des sols ou l’épuisement des ressources naturelles. Enfin,par la perturbation de la biosphère menaçant de nombreuses espèces d’extinction.

 

La terre est entrée dans l’ère de l’homme. Ce n’est plus elle la maîtresse à bord.

Cette nouvelle ère, l’anthropocène, est caractérisée par une tendance au réchauffement et une forte instabilité.

Ce que l’on pensait éphémère semble avoir des conséquences lourdes sur le long terme. Ainsi, la Géological Society of London (pour faire simple, nous continuerons de l’appeler GSL…) conclue que la combinaison de la disparition d’espèces, le remplacement de la végétation naturelle par la monoculture agricole auront des effets permanents, du fait que les espèces futures partiront des souches survivantes d’aujourd’hui.

Ce camouflet tombe peu de temps après que le GIEC ait été remis en cause dans l’élaboration de ses plans : Tous les scénarios, même la variante du « business as usual », postulent qu’au moins 60% des réductions d’émission de carbone auront lieu indépendamment de mesures volontaires. Pour faire simple, que c’est le marché lui même qui va spontanément se diriger vers une économie post-carbone. Or, l’extraction du charbon ne s’est jamais aussi bien portée depuis un siècle, la chine inaugure chaque semaine deux nouvelles centrales électriques au charbon. Pendant ce temps, on prévoit une augmentation de 55% de la consommation totale de combustibles fossiles pour la prochaine génération, avec un doublement du volume des exportations de pétrole.

Le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) estime que pour ne pas connaître un emballement climatique (une hausse de plus de deux degrés d’ici un siècle) il faudra réduire nos émissions de CO2 de 50% par rapport à 1990, tandis que l’agence internationale pour l’énergie prédit que ces émissions augmenteront de 100% au cours de cette période. Or, la hausse du coût du pétrole ouvre de nouvelles portes en termes d’exploitation, des sables bitumineux à l’extra lourd vénézuelien. Ce sont autant de chances de voire notre production de CO2 s’emballer.

 

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