Renault, Jean Ragnotti et Rétromobile - Auto Reverse

100 000 visiteurs, une portée médiatique mondiale, forcément, ça fait des envieux.

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Ils sont nombreux les constructeurs à vouloir tirer leur épingle du jeu grâce à l’image amicale de l’automobile ancienne. Jaguar, Porsche, Maserati, Peugeot ou Citroën, tous avaient leur stand sur le salon. Le concept: vous montrer la vieille pour vous vendre la nouvelle…

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Retromobile Renault global.

Renault n’est pas de ceux là. Ainsi, les seules autos modernes présentées par la marque sont une Formule E de 2016 et la formule 1 R26 2006 de Alonso, qui a remporté la saison de F1. Oui, Hugues Portron, qui dirige Renault Classic, a choisi de mettre l’accent sur la compétition afin de faire écho au retour du constructeur en F1 avec un cha(â?)ssis et un moteur maison.

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Depuis sa création, la marque a toujours été sur tous les challenges: A 21 ans, Louis Renault parie qu’il peut monter la rue Lepic avec sa De Dion-Bouton modifiée. Sur ce succès, il enregistre ses premières commandes et devient constructeur d’automobiles. Depuis, 117 ans ont passé et la marque n’a jamais quitté ses engagements sportifs. Auto-Reverse vous emmène en ballade dans l’histoire sportive de Renault:

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Renault AK 1906

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Après le décès de Marcel en 1903 dans la course Paris-Madrid, il avait été décidé que plus un Renault ne piloterait en compétition. C’est alors Ferenc Szisz, un chaudronnier hongrois qui sera chargé de piloter les voitures de course.

En 1906, il emmène la nouvelle AK sur la première marche du podium du grand prix de l’Automobile Club de France, remportant ainsi le premier Grand Prix de l’histoire. L’auto est mue par un six cylindres de douze litres et 90 chevaux. Une boite à trois rapports permet à cette biplace de 998 kgs d’atteindre les 154 km/h. Renault ne cache pas que l’AK d’origine a disparu, c’est donc une réplique qui est présentée sur le stand.

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Renault 40 CV 1926

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Au début des années 20, Renault rejoint la guerre des records de vitesse qui oppose la plupart des grands constructeurs. C’est un châssis de 40cv -la plus grosse auto de la marque- qui s’y essaie. Deux records vont tomber: vitesse sur un tour de Linas Montlery -178 km/h- et record sur 24 heures -148 km/h-.

Rapidement Bentley revient éclipser ce dernier. La petite équipe en charge du projet développe alors une auto fermée, plus aérodynamique et plus rapide. Le pare brise de la 40cv mesure à peine 8 centimètres de hauteur, tout l’arrière de la carrosserie utilise le procédé Weymann: une toile en simili, tendue sur une armature bois. Pour le reste de la technique, la 40 cv est une évolution de la Renault AK: 6 cylindres, 9,5 litres, 2 tonnes… Ce qui va faire la différence sur le record, ce sera le facteur humain: une équipe de 14 personnes est composée pour changer les pneus et ravitailler la voiture en liquides. En 1926, elle va établir un record de vitesse sur 100 kilomètres à 188 km/h de moyenne, puis le record des 24 heures à 173 km/h, abattant dans la foulée les records de 500 kms, 4000 kms, 1000 miles et 2000 miles.

Tout comme l’AK, la 40CV de records est malheureusement une reproduction datant de 1969.

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Renault Nervasport 1933

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La gamme Nerva était au départ destinée à une clientèle bourgeoise recherchant le confort. Mais le moderne 8 cylindres qui la propulse se destine à de bien plus grandes choses. Ainsi, Louis Renault développe la Nervasport, une voiture allégée et raccourcie pour gagner en performances.

En 1933, il engage au Monté Carlo trois modèles spéciaux, à carrosserie aluminium. Chose amusante, l’auto reste équipée de ses pare-chocs, de ses sièges arrière et de son tableau de bord en bois. En Rallye, à cette époque, il est plutôt question de terminer la course que d’y réaliser une prouesse chronométrée… Elle y remportera la troisième place en  1933 et première en 1935.

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Renault 4CV 1063 1951

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Elle a gagné le Mans en 1951…

Dans sa catégorie bien sûr. François Landon et André Briat termineront avec 197 tours, contre 267 pour la Jaguar XK 120 victorieuse. Cette dernière les aura donc dépassés 70 fois en 24 heures soit presque trois fois par heure. Imaginer ces deux pilotes, assis sur deux tubes et des sangles -pour alléger…-, de nuit, dans la ligne droite des Hunaudières, se faisant doubler par une armada de bolides de course nous glace le sang.

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L’Etoile Filante, 1956

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La star, motorisée par une turbine Turboméca, piloté par Jean Hébert, elle bat le record de vitesse des voitures de moins de 1000 kgs à Bonneville en 1956, avec 308,56 km/h…

Or, pour homologuer un record il faut être capable de le reproduire. La légende raconte que l’étoile filante était bien plus rapide, avec 338 km/h sur la première tentative. Seulement, la petite équipe d’ingénieurs détachée aux USA va largement fêter sa réussite du premier jour. Le lendemain, ankylosés, les yeux vitreux, ils seront incapables de reproduire la prouesse et se contenteront de 308 km/h. Seule consolation, en 2016, l’Etoile filante reste détentrice de ce “petit” record de vitesse…

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Renault 20 Paris Dakar 1982

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Après s’être illustrés en 1979 au volant d’une 4L en terminant en seconde position du Paris Dakar, juste derrière un Range Rover, les frères Marreau se verront confier par la marque au losange une Renault 20 turbo à quatre roues motrices. Elle les emmènera en tête du classement et vers une prometteuse carrière en Rallye-raid.

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Monsieur Ragnotti

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En salle de réunion, l’équipe Renault vous présente chacune des autos. Soudain, une main tapote votre épaule. “Alors, ça vous plaît?”. Jean Ragnotti viens nous honorer de sa présence pour partager des anecdotes sur les Renault qu’il a piloté. Au milieu d’une foule d’admirateurs, tout sourire, il relate ses aventures à qui veut l’entendre, se prend en photo avec les familles, signe des autographes… Image sportive du constructeur au Losange, Jean Ragnotti est un homme abordable et sympathique, dont la passion pour l’automobile est toujours intacte.

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Il nous présente SA Renault 5 Alpine. Sa préférée, c’est avec cette auto de 137 chevaux, qu’il va gagner ses premiers lauriers en Rallye. Second au général et premier de sa catégorie au Monté Carlo 1978, Second au Tour de Corse. Au volant de cette planche à roulettes, accompagné par Jean-Marc Andrié, il va inscrire pour la première fois son nom au sommet du championnat de France des rallyes.

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Plus loin, la R21 Superproduction, avec ses 4 roues motrices et son 2 litres de 430 chevaux. Elle va s’illustrer admirablement dans le championnat superproduction 1988. C’est aussi au volant de cette voiture que Jean Ragnotti va commencer à faire des figures sur la ligne d’arrivée…

 Il nous confiera qu’il a conduit presque toutes les autos de Renault, jusqu’à la dernière RS01, et continue, aux côtés de Renault Classic à faire vivre l’immense collection du constructeur le long des routes françaises.

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Auto Reverse adresse un grand merci à Renault, à Maxime Cannesson, Hugues Portron et Jean Ragnotti pour leur accueil et leur sympathie! Si vous souhaitez suivre le patrimoine Renault, n’hésitez pas à faire un tour sur leur site: Renaultclassic.com 

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